26 octobre 2009
Bien arrivés au port
Un petit mot rapide pour rassurer tous ceux qui nous suivent. Le voyage s'est bien passé et les filles n'ont manifesté aucune appréhension particulière en dehors de l'excitation du premier voyage en avion. Elles ont évidemment peu dormi mais se rattrapent bien: elles en sont ce matin à 14H de nuit et dorment toujours... jusqu'où iront-elles ?
J'en raconterai un petit peu plus dans quelques jours pour finir ce récit avant de clôturer et fermer définitivement ce site afin de préserver nos filles dans leur vie en France. Nous avions en effet fait le choix d'ouvrir ce blog également aux familles intéressées par l'adoption car j'ai moi-même beaucoup apprécié et appris des récits d'autres aventures familales sud-américaines mais il nous semble également important que nos enfant ne soient pas non plus sur-exposées...
Dans le même ordre d'idée, vous êtes nombreux à souhaiter rencontrer nos trois princesses-crapules chiliennes mais elles ont besoin, avant tout, pendant plusieurs semaines, voire plusieurs mois, de calme et de s'insérer dans le cocon familial restreint. Nous procéderons aux visites et rencontres en fonction de nos possibilités et surtout,du rythme de vie des filles. Merci de votre compréhension et du soutien de chacun tout au long de ce long voyage !
16 octobre 2009
Retour vers Santiago
Jeudi matin, nous « levons le camp » direction Antofagasta. Initialement, nous avions prévu de passer par le Salar et non par la route principale. La route du Salar, bien que non goudronnée nous paraissait plus intéressante et les pistes, recouvertes de sel, sont très roulantes. Mais après une demi heure d’attente devant la pompe à essence, il nous faut renoncer ; nous ne pourrons pas faire le plein ou trop tard pour aborder la piste. Nous reprenons donc la route par Calama où nous pourrons trouver de l’essence.
Après un petit pique-nique dans un des rares petits villages non abandonné sur notre route, nous arrivons à Antofagasta en début d’après midi, le ciel est couvert, il ne fait pas très chaud, nous ne pourrons donc pas nous baigner (Valentina si !).
Notre hôtel est idéal pour les enfants avec leur chambre attenante à la notre et une télévision dans chaque pièce ce qui permet à Valentina de renouer avec ses émissions préférées (une semaine sans télé : dur, dur pour elle !) et à nous de nous reconnecter avec le monde. Le soir, nous dînons dans un restaurant rapide version chilienne (du poulet sous toutes ses formes) ; les filles sont enchantées et dînent particulièrement bien.
Vendredi matin, départ vers le parc national du « Pan de Azucar » où nous avions prévu de passer une journée. Plutôt que d’emprunter la pan américaine, nous longeons la côte, tantôt sur de belles routes toutes neuves, tantôt sur des pistes, bonnes, moins bonnes ou finissant en cul de sac ! Les filles s’endorment malgré la route cahotante alors que nous longeons une côte déchiquetée, splendide avec de petites criques et une mer translucide , de toutes les couleurs. Après un pique nique-jeu à Tal Tal, curieuse ville ou la mine arrive à moins de 100m de la plage d’une blancheur remarquable, (donc interdite à la baignade, merci l’arsenic), nous arrivons au « Pan de Azucar ». Le temps est toujours boudeur. La réserve du « Pan de Azucar » offre la particularité d’être toujours verte, au milieu d’un environnement totalement désertique. C’est un micro-climat qui concentre les brumes marines ; la flore et la faune y sont donc abondantes. Mais le temps ne nous incite pas à la balade. Un pêcheur nous offre bien ses services pour aller voir les pingouins et les loutres de mer mais Camila a de la mémoire et refuse absolument, malgré les pressions de sa sœur, la balade en bateau ! Dessie, quant à elle, commence à en avoir franchement marre et nous demande avec insistance de retourner « a la casa ». C’est une chance, elle ne s’offusque pas d’avoir une casa différente dans chaque ville et s’approprie sans problème tous nos lieux de séjours. Ses sœurs également d’ailleurs : si elles étaient un peu inquiètes au départ de ne pas savoir où elles allaient dormir le soir, elles semblent bien en confiance maintenant (mais toujours curieuses et soulagées de découvrir chaque soir leur nouveau lit ce qui donne lieu à chaque fois à des tractations pour savoir qui dort où et avec qui)…
Nous aimerions bien rester dans cette baie si charmante mais les seuls logements possibles sont des « cabanas » en bois, en bord de mer et nous ne sommes pas équipés pour cela. Quant à manger ici et dormir à Chanaral, il faudrait pouvoir réserver et le téléphone ne passe pas. Nous décidons donc de nous rendre directement à Chanaral ou nous retrouverons notre « premier » hôtel et notre grand père si charmant.
La côte, jusquà Chanaral est magnifique et l’arrivée surprenante : la grande plage, à l’entrée de Chanaral est faite de sable blanc, très blanc et…vert. Le cuivre n’est pas loin et l’arsenic non plus.
Deuxième nuit à Chanaral, encore un vendredi soir, et deuxième insomnie (pour nous, les filles dorment très bien, elles !)…la ville est isolée mais il semble qu’on y vive beaucoup la nuit !
Le restaurant que nous avions choisi est malheureusement fermé et nous nous rabattons sur un petit comedor de quartier où les filles commandent comme d’habitude un poulet-frites. Nous avons maintenant l’habitude et sommes passés de trois poulets-frites à un pour trois (plus une salade pour « la Valé »).
Samedi, nous partons pour l’étape la plus longue, près de 600km et surtout la traversée de la Serena : comment Valentina réagira-t-elle ?. Nous comptons dormir dans une petite station balnéaire à 80km de la Serena, soit Tongoy soit Guanaquero que nous a recommandé chaudement Valentina. Le voyage est pesant pour tout le monde; la route tourne, monte, descend avec de nombreux camions. Dessie est celle qui résiste le moins, il faut dire que la route est longue et difficile pour un petit bout de chou de trois ans, il nous faut nous fâcher un peu car elle crise et manifeste en refusant de garder sa ceinture de sécurité.
Nous nous arrêtons à Vallenar pour manger et jouer un peu dans cette ville oasis totalement isolée mais qui semble assez vivante. Nous trouvons un petit restaurant familial, très fréquenté en ce week-end de fête où nous dégustons un grand plat de viandes et saucisses grillés très (trop) copieux. Lors de mes (nombreuses) incursions au banos du restaurant avec les filles (nous ne sommes pas encore parvenus à tout contrôler de ce côté-là), une sympathique maman chilienne me félicite pour la beauté de mes filles et m’indique qu’elles ressemblent beaucoup à leur papa…
La traversée de La Serena se fera en chansons mais Valentina qui voit tout, n’est pas dupe et regarde avec attention derrière la serviette « anti-soleil » quand nous passons devant le « Hogar ». Elle ne fait cependant aucun commentaire et poursuit ensuite les jeux sans cafard. Ses sœurs n’ont même pas reconnu la ville…
Nous trouvons un appart-hôtel à Guanaqueros, face à la mer. Ce logement est idéal pour les enfants et la petite cuisine nous permet de re-préparer leur dîner favori : soupe Maggi poulet vermicelle (comme quoi, moi qui m’inquiétais de ne pas être une bonne cuisinière !).
Le village est charmant, quasi désert à cette saison mais vers 18heures, tout s’anime subitement. Une heure après, c’est un concert de klaxons qui nous surprend en plein repas, célébrant le premier but du Chili face à la Colombie pour la qualification à la coupe du monde. Après une première réaction de peur, Dessie sera la plus excitée pour fêter la victoire. Nous passerons une partie de la soirée devant la porte à regarder les véhicules circuler bruyamment, les drapeaux s’agiter, les fans danser sur la plage dans un spectacle improvisé auquel les filles voudraient bien participer.
Dimanche, nous envisageons de faire étape à Valparaiso ou à Vina del Mar, sa ville jumelle. Un peu en dehors des réalités nous n’avons pas réalisé que nous sommes dans la station balnéaire la plus « chic » du Chili au milieu d’un week-end de trois jours. Enfin arrivés, en fait d’hôtel sur la plage, ce sera un petit « residential », 20km plus loin, en bord de route et encore bienheureux d’avoir trouvé quelque chose ! Plutôt lugubre malgré l’accueil chaleureux des propriétaires qui, pour nous être agréable, déversent quantité de déodorant WC dans notre grande chambre collective. Les filles ne font pas trop la différence et sont ravies de trouver la télévision. Un repas fast-food dans le Centre Commercial à côté leur suffit amplement mais nous ratons encore le coche: le temps de manger, les jeux sont fermés. Pour nous faire pardonner, nous passerons le lundi matin sur la plage où les filles profiteront de tous les jeux possibles et finiront pas se baigner malgré la température glaciale de l’eau et les grandes vagues. Heureusement, le soleil est de nouveau au rendez-vous et notre matinée plage est très agréable.
Nous ne verrons rien de Valparaiso.
Après un repas en terrasse face à la mer, nous rejoindrons Santiago et notre nouvelle résidence.
Nous voici donc installés dans un coquet appartement au cœur de Santiago, dans le quartier de Providencia, un des plus chics et commerçants de la ville. C’est aussi le moment de vider ce qui était devenu notre maison roulante, de faire de grandes lessives et de ranger tous les sacs…ce qui nous permet par la même occasion de retrouver notre appareil photo au fin fond d’une valise. Nous pensions pourtant bien avoir cherché partout ! Bon, nous n’aurons pas le reportage sur les plus beaux sites du désert de l’atacama mais quel soulagement de retrouver ces photos si importantes pour nous ! Dès que possible, nous allons pouvoir compléter un peu les albums, d’autant que nous retrouvons aussi a Santiago le chargeur de batterie du premier appareil !
Les filles découvrent la grande ville, souvent avec stupeur : grands ensembles d’immeubles, ascenseurs, premier métro… Dans nos priorités : le zoo de Santiago que la Vale attend depuis un moment maintenant, notamment pour voir des girafes…
Le compte à rebours a commencé pour nous mais aussi pour Valentina qui tient ses comptes à jour ; l’envol est prévu le samedi 24 pour une arrivée à Toulouse le dimanche 25 à 9h30, heure française, JB et François, tenez vous prêts ! Les filles vous attendent avec impatience et vous risquez de devoir faire face à des boules d’énergie surexcitées (dès que les effets du décalage horaire et du voyage seront passés, encore que, elles sont capables de tout !).
Nous essaierons de communiquer de nouveau avant le départ mais l’appartement n’étant pas équipé d’internet, les communications sont difficiles
A bientôt
07 octobre 2009
San Pedro de Atacama j-1 avant le voyage retour vers santiago
Nous partons donc de La Serena, avec un petit jour de retard, le vendredi 2 octobre en direction du nord. L’objectif est de passer au moins trois jours à San Pedro de Atacama mais nous ne savons pas comment vont réagir les filles, à la longueur du voyage, d’abord, à l’altitude ensuite, San Pedro étant à 1200 km de La Serena et à 2200 mètres d’altitude. Nous prévoyons donc deux à trois jours pour atteindre San Pedro et 4 à 5 pour parcourir les 1700 km du retour à Santiago.
Vallenar, la première ville, se situe à 200 km de la Serena.. Le parcours, dans une zone semi désertique offre peu d’intérêt, si ce n’est, de temps en temps, quelques points de vues sur l’océan ou, avec un peu de chance, un troupeau de guanacos.
L’arrivée à Copiapo est bienvenue pour détendre tout le monde et prendre un petit déjeuner. Le CD culte de nos filles nous a bien aidé et cette première partie de trajet a été bien tolérée. C’est après que ça se complique ! Camila veut rentrer « a nuestra casa » et Valentina veut se baigner. Il reste 160 km pour atteindre la ville suivante, Copiapo et 74km de plus jusqu’à Caldera, première ville en bordure de mer. Quand Dessie ne pleure pas, c’est le tour de Camila ; le catalogue de tous les organes y passe : j’ai mal aux jambes, au bras , à la tête au ventre…et Valentina qui veut se baigner ; jamais nous n’atteindrons la mer avant de manger ! Par bonheur, la route est de plus en plus droite, toujours de grande qualité et la police rode peu dans ces zones désertiques; les 100km/h de rigueur sont (un peu) « élargis » et nous rejoignons la mer où nous pique-niquons sur la plage de la « bahia inglesa », à coté de Caldera. Cette plage est une des plus réputées du nord du Chili ; j’avoue qu’en dehors de son sable, d’un blanc très pur, je préfère beaucoup de nos plages françaises. Enfin, ne mégotons pas, si elle ne mérite pas 15 000 km de détour, le cadre est bien sympathique et très tranquille. Nous y passons donc une bonne partie de l’après midi. Bien entendu, Valentina en profite pour se baigner malgré une eau assez froide entraînant dans l’eau ses deux sœurs et il nous faut rechercher en toute hâte au fond des valises maillots de bain, serviettes et vêtements de rechange.
L’après midi, nous nous contentons des 86km qui nous séparent de Chanaral, petit port complètement coincé entre océan et montagne. A voir l’état du port, on imagine mal qu’il ait été un des plus important du Chili au XIX° siècle, pour l’exportation du minerai de cuivre. La ville parait assez pauvre, pas du tout touristique, et pour cause : la mer a été entièrement polluée à l’arsenic par les mines de cuivre. Mais c’est aussi le lieu du plus éclatant succès de la population qui a réussi à faire condamner les exploitants des mines dans les années 90. Aujourd’hui, tout aurait été nettoyé !
Nous trouvons un petit hôtel, tenu par un grand père très sympathique ; les filles sont rassurées : elles qui demandaient toujours où nous allions dormir et qui ne comprenaient pas ce que pouvait être un hôtel, trouvent là un accueil familial dans un lieu occupé par nous seuls. Nous disposons de trois chambres et Valentina, très craintive et en froid avec Camila, choisit de dormir avec Dessie. A notre grande surprise, Camila accepte de dormir seule (mais tout de même toujours endormie dans les bras de maman) et ne se réveillera pas de la nuit. De l’autre coté, Valentina « virera » sa sœur en milieu de nuit , ne supportant pas son agitation permanente ; c’est nous qui en hériterons pour compléter la nuit blanche dûe à une fête toute proche, sans doute un mariage.
Samedi matin, départ vers Antofagasta ! Si nous avions bien regardé la carte, nous aurions vu que plus de 400 km séparent les deux villes, et entre les deux, rien, pas un village, pas un brin d’herbe. C’est le désert d’Atacama avec son aridité légendaire ; désert, pas tout à fait puisque les mines succèdent aux mines, mais il n’y a rien d’autre. On n’ose imaginer les conditions de « vie » et de travail.
Pour le conducteur, défile un long ruban de bitume aux rares virages et nous croisons de très nombreux camions traversant le Chili du nord au Sud. Il faut savoir que le chemin de fer est quasi inexistant au Chili, si ce n’est pour transporter le minerai, des mines jusqu’au port le plus proche. Les passages à niveau sont d’ailleurs très dangereux puisque sans barrières et sans feux, marqués seulement par un « stop » que respectent tous les conducteurs. Le Chilien a ceci de particulier qu’il associe un tempérament festif de type « méditéranéen » à une discipline « germanique » et ceci toujours avec le sourire et le sens de l’accueil.
Pour le passager, des mines, des mines, encore des mines et parfois un volcan enneigé derrière la barrière de montagnes et de dunes.
Les dunes sont très différentes de celles qu’on peut trouver dans le Sahara. Le sable est moins abondant et il s’agit plus de montagnes recouvertes de sable que de vraies dunes. Cependant, lorsqu’elles sont entièrement recouvertes, elles constituent des dunes géantes de plusieurs centaines de mètres de hauteur.
Et nos filles dans tout ça ? rassurées, détendues, elles supportent ces quatre heures de monotonie avec bonne humeur. Peu avant Antofagasta, il faut toutefois s’arrêter pour dégourdir les jambes ; elles n’en peuvent plus ! Une ascension de dune (à moitié) et nous pouvons repartir dans la bonne humeur.
Au bout de la ligne droite, un croisement : tout droit, la transaméricaine poursuit vers le nord, à gauche, Antofagasta à 15km. Pas d’hésitation, nous filons à gauche . Nous nous engageons alors dans un canyon aride à la sortie duquel la route plonge sur l’océan.
Antofagasta est une grande ville de près de 300 000 habitants, en bas le port, à flanc de montagne la ville.
Sur ordre des filles, nous nous dirigeons vers la mer. Miracle : une plage en pleine ville et un Mac Do dôté d’immenses tunnels extérieurs.. juste à coté. Ne demandez pas où nous avons mangé. Après le repas, jeux et bain de mer réconfortent tout le monde ; enfin la mer commence à être à une température acceptable !
Il est 16 heures et nous décidons donc de faire les 250 km qui restent jusqu’à San Pedro. La bonne humeur est toujours de mise et le désert toujours aussi sec. Cependant, si les mines sont toujours fréquentes et même parfois immenses, nous traversons des villages fantômes. Ces villages créés par les compagnies minières qui exploitaient le salpêtre ont été entièrement abandonnés avec la fermeture des mines .
Au bout de la ligne droite, apparaît à l’horizon une chaîne de volcans ; une oasis à son pied, c’est Calama que nous éviterons pour accomplir au plus vite les 96 km restant.
Le soleil décline, la lune est déjà là, pleine, comme un chapeau sur le volcan Licancabur qui domine la région à près de 6000 mètres d’altitude . Le désert, aux teintes naturellement rosées devient franchement rose. C’est une féerie de couleurs et de formes qui nous attend en franchissant la cordillera de la sal, 10 km avant l’arrivée à San Pedro. Vous pouvez toujours attendre les photos, vous ne les aurez pas ; je vous dirai pourquoi plus tard mais nous, nous les avons bien dans les yeux. Ca vaut le détour de 15 000 km !
Après quelques difficultés pour trouver un hôtel, nous voilà installés dans une chambre pour quatre (2 lits superposés) et pour le plus grand bonheur des filles, rassurées, qui ne cessent de se rapprocher de leurs parents avec en contrepartie, une lutte toujours plus grande entre les unes et les autres pour monopoliser tantôt papa, tantôt maman. Nous improvisons un lit tête bêche pour les deux petites. Même Valentina tombe le masque, parle de la France et « emmagazine »un maximum de mots français.
Dimanche matin, nous découvrons San Pedro, village de 2000 habitants, certes très touristique mais paisible avec ses maisons basses et ses rues en terre battue où les piétons sont rois. Au dessus des toits, domine le volcan San Pedro. L’air est très sec, le ciel d’un bleu absolument pur. Après nous être munis de chapeaux et de crème solaire, nous décidons de tenter un bain dans les sources chaudes. Seulement voilà, c’est à 3500m d’altitude et nous ne savons pas si les petites vont supporter ! nous abordons donc la piste prudemment ; tout va bien dans la voiture et nous arrivons au dessus du canyon dans lequel il faudra descendre (et remonter) à pied. La baignade dans cette eau à 33°, en pleine montagne, quel émerveillement pour nous cinq, quel plaisir de mettre sa tête sous la cascade et quel massage !
16 heures, l’ombre commence à envahir le canyon, un vent froid se lève ; il est temps de sortir et de remonter, très lentement. Par bonheur une famille d’indiens au faciès d’Atahualpa Yupanqui est descendue avec son 4X4 et nous propose ses services. Sans hésitation tout le monde grimpe dans la benne et nous voilà à notre véhicule sans effort.
A 18heures, nous sommes à San Pedro et nous décidons donc de revenir voir le coucher de soleil du coté de la vallée de la lune, dans la cordillera de la sal. Un peu pressés par le soleil qui n’a pas décidé de nous attendre, nous nous engouffrons dans la première piste donnant accès à un belvédère. La vue est époustouflante avec les volcans roses et rouges au fond et le sable brun de la cordillère à nos pieds. Mais les enfants sont fatigués, il y a de l’orage dans l’air, Dessie, qui s’était assoupie, mal réveillée, pique une crise pour je ne sais quoi et Camila en rajoute. Bref, Laurence remonte en catastrophe dans la voiture après avoir pris des photos, bien sûr merveilleuses et…. Nous ne reverrons plus l’appareil photo de secours acheté à La Serena dans l’attente de notre chargeur de batterie envoyé par Jean-Baptiste à Santiago mais que nous n’avons pas pu récupérer à temps. Las, depuis le départ de la Sérena, toutes les photos sont perdues….
Lundi, nous décidons de passer une journée tranquille à musarder dans la ville. En fait, l’après midi sera consacré à des jeux d’intérieur et à l’apprentissage de mots français sur lequel Valentina s’acharne avec enthousiasme.
Mardi matin nous tentons la grande aventure. Nous décidons de partir vers le Salar d’Atacama et d’essayer d’atteindre les lagunes de Miscanti et de Miniques situées à 4200 mètres d’altitude. Nous y parviendrons malgré une piste parfois un peu difficile sur la fin. Les filles supportent bien l’altitude; même Dessie, au début un peu « groggie » sur les épaules de sa maman, se réveille sur la fin. Nous resterons toutefois le temps minimum dans ces deux « lagunas »d’un bleu extraordinaire, au milieu de volcans enneigés. Nous pourrons apercevoir un troupeau de vigognes et quelques flamands roses. Nous avions bien prévu un pique nique mais l’altitude et le froid nous font renoncer ; nous redescendons donc au premier village ,Socaire,à plus de 3000 mètres quand même). Là nous trouvons un petit restaurant typique où, pour la première fois nous mangeons une cuisine véritablement locale et savoureuse. Est-ce cela ou l’altitude qui creuse ? toujours est il que nos filles ont dévoré. Après le repas, elles ont fait connaissance avec une petite indienne qui promenait ses bébés chats et les voilà parties visiter la maison, les chats et les lapins. Après avoir récupéré notre petite troupe, plus la petite indienne dont la photo aurait valu la peine, nous voila partis pour la place du village ou nous avions repéré des jeux. Passons sur les jeux que nous avons limités à une heure, pour se pencher un peu sur le village. C’est une petite oasis à plus de 3000 mètres d’altitude, au terminus de la route goudronnée. 200 âmes y vivent, essentiellement sans doute d’élevage puisque dans les terrasses irriguées à la manière inca, je n’ai vu que de la luzerne ; il faut dire que nous ne sommes qu’au début du printemps ! Les maisons sont faites d’adobe ou de pierres taillées, recouvertes de tôles, elles mêmes recouvertes d’une sorte de chaume. Même la petite église bénéficie d’un toit de chaume (encore une photo de perdue). Sur la place centrale ou se trouvent les traditionnels jeux pour enfants, à coté de l’église, un bâtiment neuf regroupe la salle des fêtes et « l’internet pour tous ». Le dynamisme de ce village, à plus de 200km de la première ville n’est pas une exception, il semble que les services collectifs se développent partout au Chili. La vie publique semble partout intense si nous nous référons aux nombreuses affiches sur les murs et les véhicules. Il est vrai que les élections sont proches.
Il est 16heures ; nous avions prévu de passer par les lagunes du Salar de Atacama au retour et il n’est pas question d’y déroger, Valentina nous le rappelle. Nous faisons donc le petit détour, heureusement ! Si le Salar de Atacama n’a pas la réputation du Salar de Uyuni, de l’autre coté de la frontière bolivienne, il mérite le voyage. Environ 100km de long sur 60 de large, c’est une étendue totalement plate, fermée sur trois cotés par la chaine de volcans et à l’ouest par la cordillera de la Sal. La terre, ou plutôt le sel semble « labouré » à l’infini, avec ça et là, une lagune dans laquelle vivent de nombreuses espèces d’oiseaux et surtout d’importantes colonies de flamants roses que nous pouvons admirer de près. Les filles sont fascinées, nous aussi. Malheureusement, nous ne pourrons pas nous attarder trop longtemps et profiterons du coucher de soleil, toujours aussi merveilleux, sur la route du retour.
Cette journée est vraiment inoubliable sur deux plans :
-La région de San Pedro mérite vraiment le voyage et sans doute un séjour beaucoup plus long
-Nos filles ont participé, au-delà de toute espérance.
A peine arrivés « a casa », Valentina voudrait rejouer à son jeu pour apprendre des mots français. C’est trop pour nous et nous le remettons à demain.
Aujourd’hui, mercredi, c’est notre dernier jour à San Pedro et nous décidons donc de « lever le pied ». Nous nous contenterons d’une balade en fin d’après midi dans les dunes de la vallée de la lune. En attendant, nous mettons nos écrits à jour pendant que les filles jouent au loto, en français. A propos de jeux en français, il faut voir Camila jouer à « je te tiens par la barbichette », Son accent français est vraiment « tordant » et sa façon de gonfler les joues pour ne pas rire…
Demain nous partirons pour Antofagasta, petite étape de moins de 300km au bout de laquelle les filles pourront de nouveau se baigner.
A bientôt
28 septembre 2009
diversion...
Nous allons donc quitter la Serena mercredi, si nous pouvons et sans regret. Nous n’arrivons pas à nous habituer à ce climat, marqué par la fraicheur du courant de Humbolt.
La baie de Coquimbo est certes magnifique avec une vingtaine de kilomètres de long , terminée par la presqu’ile ou est implantée la ville de Coquimbo. Cette ville, que nous pouvons admirer de la maison, est accrochée à une colline qui se termine dans la mer par une succession de « dents » de couleur ocre au pied desquelles le port semble abandonné depuis depuis le siècle dernier, avec ses chalutiers en ruine, envahis par les pélicans, les mouettes et les exocets (pas les missiles, les oiseaux).
Insolite aussi, la mosquée, flambant neuve, avec son toit de tuiles vertes évoquant celle de Casablanca en réduction, qui domine le port mais qui est « écrasée »par cet immense croix « du troisième millénaire », visible jusqu’à l’autre extrémité de la baie.
A l’opposé, la ville de la Serena, même si le centre est très animé, est une station balnéaire sans personnalité, son seul atout étant son évidente prospérité, surtout si on la compare à Coquimbo. Cependant, je préfère, de loin, l’ambiance du port de Coquimbo, avec ses petits restaurants de pêcheurs et ses boutiques artisanales en bois, évoquant nos marchés de Noël mais avec l’authenticité en prime. Quant aux rues, attaquant la colline de front, elles ne manquent pas de charme non plus. De loin, elles évoquent les rues de San Francisco, les couleurs en plus et les immeubles en moins puisqu’elles ne sont faites que de maisons basses aux couleurs vives ; de près elles sont animées et propres, entièrement pavées dans le centre où le « shopping » est très actif.
Oui mais il y a le climat très particulier de cette baie : 300 jours de soleil par an (mais très souvent voilé par la brume marine), un vent froid venant la mer presque tous les jours. Ainsi, la température oscille entre 15 et 20 degrés toute l’année et, à cette période de début de printemps, nous ressentons cette fraîcheur humide à l’intérieur des maisons.
Ce doit être une question d’habitude car les filles n’ont jamais froid ; elles dorment sans couverture (alors qu’il nous en faut deux). Valentina s’est même baignée dans la mer. Certes, elle n’y est pas restée longtemps mais elle a eu l’audace de plonger sous la vague pour étrenner son nouveau maillot de bain (rose!). C’était bien sûr un défi puisque je lui avais dit qu’elle ne pourrait pas se baigner, mais quand même !
On ne se douterait pas, en vivant ici, qu’il suffit de parcourir 20 km vers la montagne pour trouver un ciel totalement pur, sans vent et avec 10° de plus. Chaque fois que nous pouvons, nous nous enfonçons donc dans les Andes où les sommets de 5000m sont à moins de 50 km à vol d’oiseau.
Lundi dernier, nous sommes allés au pays des mines (or, argent et cuivre).
A 50 km de La Serena, entre 1000 et 2000m d’altitude, dans un décor lunaire, c’est une succession de « trous », des tous petits serrés, des gros, étalés à ciel ouvert… manifestement, chacun a creusé le sien avec plus ou moins de bonheur. Au détour d’un col, une haute plaine se découvre, hérissée de mamelons blancs ornés de strates vertes et rouges. C’est la plaine de Andacollo. La ville s’articule autour d’une église rose « barbie » (les petites filles connaissent), sa grande place pavée et son musée des offrandes à la vierge noire, elle aussi (re)peinte en rose (c'est vrai!). Une grande saignée coupe la ville en deux ; c’est la rivière, longée par la piste. D’un coté, l’église, la place et deux ou trois rues, de l’autre des maisons jetées ça et là au milieu de ces « terrils blancs » dont je ne sais s’ils sont naturels. Le spectacle est saisissant, avec les montagnes enneigées au dessus, le silence, les petites maisons d’adobe ou de bois, colorées et fleuries.
Sept km plus loin, un observatoire, encore un, se dresse sur un piton, en plein désert. Nous continuons sur une piste un peu cahotante, en direction de Rio Hurtado, avec l’ambition de revenir par la vallée de l’Elqui mais il se fait tard, nous progressons lentement, Camila est un peu« mareada » et il faut donc s’arrêter souvent, marcher à pied pour se défouler . C’est avec 5 personnes sur la banquette avant que nous rejoignons le « goudron ». Il est trop tard pour rejoindre la vallée de l’Elqui , nous décidons donc de couper au plus court et de nous arrêter manger à Ovalle avant de rejoindre la maison. Un poulet frites, coca fera l’affaire de tous et le retour tardif permettra de coucher enfin les deux petites dans leur propre lit. Depuis, les habitudes sont prises : chacune s’endort dans son propre lit, une avec maman, l’autre avec papa. Nous retrouvons notre « lit refuge » qui n’est plus envahi que le matin ou en fin de nuit, OUF !
26 septembre 2009
L'enlèvement des Sabines
"En grandes pompes", nous nous sommes rendus, jeudi 24 septembre 2009, au tribunal des affaires familiales de la Serena pour l'audience prévue à 11H. Nous y avons retrouvé l'équipe du Sename au grand complet.
Après une lecture intégrale et fastidieuse de notre dossier par notre avocate (mandatée par le SENAME), les deux psychologues ont exposé leur rapport d'analyse sur nos "compétences parentales" et le processus d'adoption; puis le juge nous a posé quelques questions dans une ambiance solennelle mais simple.
Les choses se sont corsées quand le magistrat a souhaité rencontrer Valentina. Les trois filles étaient restées dans le hall d'accueil, prises en charge par l'équipe du SENAME. Alors,Valentina ,saisie de panique éclata en sanglots si bien que le juge renonça à l'entendre. Cela ne suffit pas à la calmer, elle s'aggripa à la psychologue du foyer, Tamara, ne voulant plus la quitter...
Nous sommes tous partis prendre un café à côté du tribunal pour nous dire au revoir et lui laisser un peu de temps mais les larmes ne faiblirent pas. Bien entendu Camila s'associa au concert qui allait ainsi crescendo. Seule Dessie restait impassible, très heureuse d'être avec tout le monde et indifférente au chagrin de ses soeurs. Finalement nous avons décidé , pour abréger la scène, de nous rendre à la voiture. Ce fut le point culminant de la crise, Valentina hurlant et refusant de monter dans l'auto... Si le juge nous avait vu partir avec nos (légalement) trois filles hurlant "non, je ne veux pas, je veux retourner au foyer, au secours Tamara", je pense qu'il aurait eu quelques inquiétudes sur sa décision de jugement !
Nous sommes restés très calmes, essayant d'accueillir avec tendresse ce gros chagrin (réellement présent chez Valentina) mais nous n'en menions pas large. C'était un mélange d'émotions: joie et fierté d'être officiellement les parents de nos trois donzelles, tristesse et inquiétude devant les difficultés de notre Valentina à faire face à tous ces changements, à toutes ces ruptures.
Heureusement, les choses se sont calmés très rapidement avec notre arrivée à la maison. La télévision a permis à nos trois princesses de se mettre au calme le temps de la préparation du repas. Puis notre Valentina a passé une après-midi à dormir, bien au chaud dans une cabane fabriquée avec les coussins du canapé tandis que les deux petites jouaient tranquillement avec Maman, tout chagrin oublié. A son réveil, Valentina exprimait de nouveau son besoin d'être calinée.
L'équipe du SENAME, après délibération, a décidé qu'il était temps maintenant de rompre les amarres. Nous avons donc décidé de partir de La Serena dès réception des pièces du jugement et envisageons un voyage dans le désert d'Atacama avant de nous rendre à Santiago pour la préparation des pièces du retour.
Le juge nous a promis les pièces pour mercredi prochain qui consacreront les nouveaux noms de nos trois filles: Valentina Lilie Paz, Camila Suzanne Rayen, Dessie Cécile Laetitia BRAMAN...
24 septembre 2009
En attendant...
En attendant de disposer d'un peu plus de temps pour raconter les derniers évènements et pérégrinations, nous nous préparons ce matin à l'audience du tribunal qui aura lieu à 11 heures. Les enfants sont prêts pour l'épreuve, les parents aussi. C'est donc dans une ambiance détendue que nous nous apprêtons à partir, malgré une nuit agitée.
Hier soir, ce fut une séance "traitement anti piojos", les têtes de Camila et Dessie étant un peu "habitées". Malheureusement, il semble que le produit ait été un peu irritant: Successivement, les deux se sont réveillées en pleurs avec les mêmes symptomes douloureux au niveau des muqueuses. Le remède a fini par être trouvé: eau fraiche, "vagina" à l'air et surtout exil dans le lit de papa et maman.
Ce matin, les filles vont bien... les parents sont moins frais!
Je me dépêche, à bientôt
Les parents fatigués mais heureux
20 septembre 2009
Portraits de famille...
Seulement trois semaines que nous vivons en famille, nous avons pourtant l’impression de connaître nos filles depuis très longtemps…
Depuis la visite des tias, Valentina s’est libérée et nous la voyons heureuse et spontanée, se rapprochant chaque jour davantage de nous. Par là même, nos deux bébés ont également levé leurs gardes et exigent chaque jour leur part d’exclusivité : nous avons droit à des demandes incessantes chacune voulant toujours avoir plus.
Portraits de famille :
Daysi-Dessie, notre poids plume, est une boule d’énergie à l’état brut. Elle est en état de frustration permanente car elle n’a qu’une idée en tête, vouloir tout faire comme ses deux grandes sœurs ; et quand elle a une idée en tête…. Elle nous surprend chaque jour par sa capacité à tenir le même rythme de vie. Pour parvenir à ses fins, elle sait parfaitement se montrer tout à fait craquante dans les moments stratégiques ; elle nous sort ainsi son grand numéro de charme chaque soir : consciente de son privilège acquis de s’endormir avec Maman et Papa, elle évite alors soigneusement tout comportement qui pourrait l’expédier illico dans son lit… Pas de problème, par contre, pour faire une petite crise le matin si elle se sent oubliée. Nous pensons aujourd’hui que ce sera peut-être elle qui nous donnera le plus de fil à retordre (Rendez vous dans 15 ans!). Côté repas, nous avons affaire à une carnivore et « chiquitinivore »(pour ceux qui connaissent) ; à ce rythme, elle devrait se remplumer rapidement..
Camila, du haut de ses quatre ans, est plus proche physiquement de sa grande sœur, cherchant à l’imiter en tout. Nous oublions trop souvent qu’elle n’est qu’un grand bébé qui a du mal à se situer et qui est régulièrement envoyée « au front » par Valentina pour expérimenter les « tonterias ». Elle est douée d’un besoin perpétuel de séduction, sans savoir comment s’y prendre. La contre partie est le désir permanent de prendre la place de ses sœurs : Valentina est sur les épaules de papa, Camila veut les épaules de papa. ;Valentina lui laisse la place pour donner la main à papa et maman, elle veut immédiatement redescendre pour prendre sa place. Immanquablement, ce tourbillon de désirs perpétuellement insatisfaits se termine par une « pataleta ». Mais, séduction oblige, celle-ci est de courte durée : on se roule par terre 2 minutes, tout le monde l’ignore, et Camila revient gentiment. Côté repas, même cinéma, Camila veut tout ce que ses sœurs demandent et toujours plus. L’apprentissage de la modération est rude pour elle…Nous commençons cependant à noter de vrais progrès…Il faudra tenir dans la durée maintenant !
Valentina, est une grande fille mince, sportive et dégourdie, très (trop) gentille et très timide…Elle joue son rôle d’aînée parfaitement, se montre très protectrice (et très autoritaire !) avec ses sœurs sauf quand elle joue les bébés avec nous ou décide de se liguer avec une des petites contre l’autre. Par-dessus tout, elle est extrêmement mature et fait preuve de curiosité et d’intérêt pour tout : c’est un vrai plaisir de faire des excursions avec elle car nous avons vraiment la sentiment qu’elle savoure chaque moment…Elle est de façon assez naturelle très avide de tout découvrir (et de tout acheter !) mais résiste plutôt bien à la frustration. Elle est également très fière et très susceptible. Nous sommes donc toujours sur le fil du rasoir avec elle. Elle cherche également à connaître les limites et commence à faire des bêtises comme ses sœurs, abandonnant pour quelques heures son image de petite fille sage ; mais au pied du mur, elle panique si nous faisons mine de sévir : alors nous jouons à faire semblant de la « punir » comme ses sœurs…Les quelques petites pataletas qu’elle a pu nous faire sont plutôt de l’ordre de la bouderie…Côté repas, nous avons affaire à une quasi-végétarienne. Ses passions : la laitue ( c’est un drame s’il n’y en a pas à chaque repas), les tomates, les oignons et les artichauts…Elle est enchantée à l’idée d’avoir un jardin potager : il va donc falloir que je m’attelle à le remettre en état en rentrant en France pour avoir des légumes l’été prochain ! Elle maîtrise également très bien les jeux sur ordinateur…
Toutes partagent un amour immodéré pour le citron qu’elles adorent sucer avec du sel ou boire en jus tel quel …Le brossage des dents est toujours un grand moment de bonheur. Le bain commence à lasser la grande…mais lorsqu’elle n’a plus le choix, elle y passe des heures et c’est une vraie piscine !
Toutes partagent également un amour immodéré pour le rose, les tenues de barbies, les princesses et les chansons. Nos premiers pas en français se font donc grâce aux comptines…
Côté vie de famille, comme nous n’avons pas d’obligations, le rythme est plutôt « cool ». Nous avons un peu ralenti par rapport à la première semaine et nous nous en portons tous beaucoup mieux…Nous commençons à repérer les demandes urgentes et les demandes prétextes de faire « pitchi ». Je n’avais jamais réalisé jusqu’à alors combien cette activité (passionnante) permet de se sortir de toute situation délicate et/ou de reporter l’attention sur soi…
En cette semaine des fiestas patrias, la plage de la Serena offre des activités multiples et très proches (un peu trop même trouvons nous, quand il nous faut dire non pour la trentième fois !).
Le plus reposant (pour nous) c’est quand les filles sont invitées par la grande petite fille(10 ans) de notre propriétaire …Nous avons alors jusqu’à trois heure de repos, un luxe incroyable !
18 septembre 2009
Au lit: 2+3= Zen
Un peu de tourisme mardi: nous avons remonté la vallée de" l'Elqui à la recherche de la neige que Valentina voulait toucher. Cette vallée , jouissant d'un climat très doux et d'un ciel d'une pureté exceptionnelle, cultive le vin et les observatoires: des vignes à perte de vue , attaquant le flan des montagnes, mais plantées de façon très différente de chez nous. Les feuilles (et les raisins à la saison) sont "plantés" sur des pieds de deux mètres de haut, donnant l'aspect d'arbres fruitiers alignés. Les rangées sont protégées du vent, à intervalles réguliers, par de grands filets qui donnent un aspect très ordonné à ce paysage aux couleurs tendres, alliant l'ocre des montagnes parsemées de cactus, au vert tendre des feuilles de vignes au printemps. Ca et là, quelques couleurs relèvent le paysage, arbres fruitiers en fleurs et fleurs sauvages du printemps.
Remontant la vallée qui se rétrécie peu à peu, nous traversons Pisco del Elqui, charmant village qui a donné son nom à l'apéritif emblématique du chili, le Pisco, alliant vin blanc, jus de citron et sucre.
Malheureusement, au dessus de Monte Grande, patrie de la poétesse Gabriela Mistral, la route est fermée. Notre quête de neige sera un échec. Nous décidons donc de bifurquer à gauche et de prendre la piste qui mène dans la vallée de Cochiguaz, jusqu'au village de Colorado.Cette vallée ,fermée par un immense rocher en forme de buste de femme couchée, ancien fief des indiens Diaguitas est considérée ici comme le centre magnétique de la terre . C'est aujourd'hui plutôt le lieu de rendez-vous de tous les"allumés de la terre" et cela se confirme dès les premiers hectomètres sur la piste. Nous rencontrons un auto-stoppeur, cheveux dressés "en étoile", muni d'un instrument "de musique" issu tout droit des moines bouddhistes et qui entrepend aussitôt de nous magnétiser. Nous avons droit ensuite au son de son instrument, sous le regard médusé de nos trois filles absolument pétrifiées.
Avec cet équipage, nous atteignons Cochiguaz. La lumière et l'ambiance du lieu sont vraiment magiques. Le paradis n'est sans doute pas loin! malheureusement, nous avons oublié l'appareil photo; peut-être aurons nous le temps d'y revenir? Même la population semble à l'image du lieu, calme souriante et attentionnée; tout le monde dit bonjour; d'ailleurs, un panneau prévient à l'entrée de la vallée:"Si tu sors la main de ta voiture, que ce soit pour saluer"
Le retour au soleil couchant nous offre un spectacle très différent de la vallée et totalement éblouissant.
A part cela, nos filles sont de plus en plus demandeuses de tendresse et la concurrence est rude.
Cette nuit, nous avons expérimenté le lit à cinq places (en 140). Après avoir ramené Valentina endormie dans son lit, puis les deux autres qui sont revenues peu après, c'est Laurence qui a craqué, émigrée dans le lit de Camila.
Valentina poursuit, à petits pas, sa régression, teste la provocation et la désobéissance, toujours très gentiment avec nous mais de plus en plus durement avec ses soeurs.
Camila commence à comprendre que céder avant "pataleta" est plus payant que céder "après".
Daisy, toujours aussi pugnace, ne peut quand même plus se passer de sa maman.
A bientôt et gardons "el alma zen" comme on dit à Cochiguaz
14 septembre 2009
Je n'avais pas l'intention d'écrire aujourd'hui, tant la journée d'hier fut calme mais, n'ayant plus de place dans mon lit, il fallait bien s'occuper!
Ce dimanche n'a donc connu ni blues ni pataleta. Nous avons passé la matinée à jouer dans le jardin et l'après midi de peinture avec maman m'a permis de dormir un peu. Au réveil, séance nettoyage de TOUTE la maison et nous sommes partis au supermarché. Après un bain rapide et un repas détendu, les trois demoiselles se sont endormies sur le tapis du salon en regardant des dessins animés.
Rien n'étant parfait, le sommeil agité de Daisy ne nous a pas offert un repos idéal et la venue de Camila sur le matin m'a carrément jeté hors du lit.
Enfin, le petit déjeuner me laisse le temps de respirer même si Camila et Valentina m'ont rejoint maintenant. J'en connais deux, en haut, qui vont rattraper le temps perdu!
Enfin tout est calme et même les filles parlent spontanément à voix basse.
A bientôt
11 septembre 2009
La visite surprise des tias
La visite de la psychologue Tamara prévue initialement le mercredi a été reportée au jeudi mais nous avons pu organiser un entretien téléphonique entre elle et Valentina. Cette dernière a ainsi pu confier qu'elle voulait surtout voir les tias mais ne voulait pas retourner au Hogar. Comme l'équipe du Sename y est également plutôt opposée, craignant les effets sur les filles mais aussi sur les autres enfants (la tentation peut être grande de venir raconter à tous ceux qui n'ont pas cette chance la vie avec Papa et Maman), une visite surprise des tias à notre maison a été organisée pour le jeudi.
Notre grande sensible alterne en effet les moments de rapprochement avec maman et les petits coups de blues pendant lesquels ses pleurs nous laissent très désemparés. Les deux autres commencent à s'y habituer un peu et parviennent à poursuivre leurs jeux, alors qu'au début nous avions bien du mal à ne pas nous retrouver avec une séance de pleurs ou de caprice généralisée. En revanche, elles s'habituent moins à la distance que Valentina commence à prendre vis-à-vis d'elles au fur et à mesure qu'elle s'autorise à abandonner son rôle de petite maman sage et protectrice. Les deux petites qui imitent leur grande soeur en tout se trouvent alors fort désemparées ce qui se traduit, pour Camila par des pataletas supplémentaires et pour Daysi par une surenchère de demande de rapprochement...Concrètement, Valentina a décidé de dormir toute seule dans sa chambre laissant la petite puce Camilla toute seule dans la sienne puisque Daysi a annexé notre lit pour s'endormir et que Camila en a manifestement envie mais n'ose pas (encore). Quant à Valentina, cela lui semble encore saugrenue mais elle en est jalouse.
La visite surprise des tias a été pleine d'émotions. La pauvre Valentina ne savait plus comment gérer la situation tout en étant très heureuse.Il lui a fallu une bonne heure pour se décider enfin à offrir ses cartes "cadeaux"... La visite n'a pas non plus déplu aux deux petites...mais évidemment tout ceci s'est fini en séance de pleurs généralisés de la part des trois au moment du départ... Le psychologue coordonnateur sur la région est resté pour nous aider à remonter rapidement la situation et nous avons pu finir cet AM par une promenade dans la bonne humeur ! La soirée fut beaucoup plus rude avec une Valentina nous demandant d'appeler ses tias qui lui ont laissé leur numéro de téléphone et une Camila anxieuse déployant son plus grand jeu pour ne pas aller dormir, car exigeant de rejoindre sa grande soeur...
Résultat le lendemain, 2 parents fatigués et enrhumés, un retour au zoo de la Serena qui a vraiment passionné Valentina et 3 filles alternant les "yo sola" avec des exigences de bébés jaloux et exclusifs...Les deux grands jeux à la mode cette semaine sont de jouer à regarder sous les vêtements de maman et papa et d'exiger à tout moment que nous les accompagnons aux toilettes, évidemment toujours l'une après l'autre: je pense que je vais connaitre par coeur tous les banos du centre commercial.
Soirée particulièrement calme en revanche ce soir malgré un appel téléphonique aux tias de Valentina engendrant une nouvelle crise de larmes. Repas "bébé" où la Valentina (toujours imitée par ses soeurs évidemment) ne sait plus couper sa salade et demande de l'aide pour tout puis finit par aller se coucher en demandant son biberon rempli d'une boisson chaude bizarre pas vraiment identifiée mais conseillée un jour par Evelyne... Dans ce calme, Camila part se coucher seule sans rien dire munie également de son biberon...















